Passoire thermique : sortirez-vous des classes F et G en 2027 ?

300 000 logements changent de statut sans travaux — reste à savoir si le vôtre en fait partie

Équipe Portail DPE
10 septembre 2026
8 min de lecture
Être classé F ou G n’est pas qu’une mauvaise note : c’est un statut juridique qui conditionne le droit de louer. Le passage du coefficient électricité de 1,9 à 1,7, au 1ᵉʳ janvier 2027, doit faire sortir environ 300 000 résidences principales de ces deux classes — sans un seul chantier. Mais la sortie n’a rien d’automatique pour tout le monde. Voici comment savoir de quel côté vous tombez.

Pourquoi le statut de passoire compte autant

La loi Climat et Résilience a adossé au DPE un calendrier d’interdiction de mise en location, qui vise les logements les moins performants par ordre de classe. Un logement classé F ou G est qualifié de passoire thermique et tombe dans ce calendrier.

Les conséquences sont concrètes et cumulatives :

  • Location : interdiction progressive de proposer le logement à la location selon la classe
  • Loyer : gel de l’augmentation des loyers pour les logements F et G
  • Vente : obligation d’audit énergétique en cas de vente d’un logement classé F ou G
  • Prix : une décote observée sur le marché, souvent chiffrée à plusieurs points du prix de vente

Passer de F à E ne change donc pas seulement une lettre sur un document : cela fait sortir le bien d’un régime contraignant.

F et G ne sont pas dans la même situation

Les échéances d’interdiction de location ne tombent pas à la même date selon la classe. Un logement G est concerné avant un logement F. Vérifiez votre classe actuelle avant de raisonner sur les délais.

Les profils qui sortent des classes F et G

La bascule dépend de deux facteurs seulement : la part d’électricité dans vos consommations, et votre distance au seuil de classe.

Les seuils de l’étiquette énergie sont fixes et exprimés en kWh d’énergie primaire par m² et par an. La frontière entre F et E se situe à 420 kWhep/m²/an, celle entre E et D à 330. Le nouveau coefficient ne déplace pas ces seuils : il réduit la valeur calculée pour les usages électriques, ce qui peut faire repasser un logement sous la barre.

En passant de 1,9 à 1,7, la consommation en énergie primaire d’un usage électrique diminue d’environ 10,5 %. Un logement tout électrique affiché à 460 kWhep/m²/an redescend donc autour de 412 — juste sous le seuil de F. Le même logement affiché à 520 redescend à 465 et reste en F.

  • Le seuil F/E est à 420 kWhep/m²/an, il ne bouge pas
  • Le passage de 1,9 à 1,7 retire environ 10,5 % sur les usages électriques
  • Ce qui compte n’est pas le gain en kWh mais le franchissement du seuil
Profil de logementEffet du coefficient 1,7Sortie de F/G ?
Tout électrique, proche du seuil (420–470 kWhep)Baisse d’environ 10 %Probable
Tout électrique, très loin du seuil (> 520 kWhep)Baisse d’environ 10 %Peu probable
Pompe à chaleur + eau chaude électriqueBaisse sur tous les usagesProbable
Chauffage gaz, eau chaude électriqueBaisse sur l’ECS seulementRarement
Chauffage fioul ou gaz intégralAucun effetNon
Bloqué par l’étiquette climatAucun effet sur le GESNon

Les cas qui restent bloqués — et pourquoi

Le chauffage fossile

Si votre chauffage est au gaz ou au fioul, le coefficient applicable à ces énergies ne change pas. La réforme ne vous concerne pas, ou marginalement si votre eau chaude est électrique. Le seul levier reste les travaux : voir faut-il commencer par la pompe à chaleur ou l’isolation ?.

L’étiquette climat

Le DPE retient la moins bonne des deux étiquettes. Un logement au gaz peut très bien passer en E sur l’énergie et rester classé F parce que ses émissions de CO₂ le maintiennent dans cette classe. Le coefficient de conversion n’intervient pas du tout dans le calcul du GES.

La distance au seuil

C’est le cas le plus fréquent, et le plus décevant. Un logement électrique à 600 kWhep/m²/an gagne bien une soixantaine de kWh, mais reste très au-dessus de 420. Deux réformes successives, 2026 puis 2027, ne suffisent pas à faire remonter tous les G.

Un DPE de mauvaise qualité

Dernier cas, souvent ignoré : un diagnostic dont les données d’entrée sont fausses. Une surface erronée, un système de chauffage mal saisi ou une isolation non prise en compte produisent une étiquette fausse — que la réforme ne corrigera pas. C’est une raison sérieuse de faire contrôler la cohérence de son DPE avant d’engager quoi que ce soit.

Comment vérifier votre situation dès aujourd’hui

L’arrêté est publié, les coefficients sont connus : l’étiquette 2027 de votre logement est calculable maintenant, à partir des données déjà enregistrées sur votre DPE. Vous n’avez besoin ni d’un diagnostiqueur, ni d’attendre janvier.

Le calcul consiste à reprendre vos consommations par usage, à isoler celles qui sont électriques, et à leur réappliquer le coefficient 1,7 au lieu de 1,9 — puis à comparer le total aux seuils de classe.

Pour le détail de cette mécanique, voir le coefficient 1,7 expliqué pas à pas. Pour le cadre général de la réforme, voir le guide complet 2027. Si vous êtes vendeur ou bailleur, la question du calendrier se pose aussi : faut-il attendre le 1ᵉʳ janvier pour vendre ou louer ?

Simulez votre étiquette DPE 2026 et 2027

Entrez votre numéro DPE pour découvrir instantanément votre classe énergétique après la réforme

Gratuit et sans inscription

Le numéro de DPE se trouve sur votre diagnostic de performance énergétique, généralement en haut du document.

Questions fréquentes

Une attestation de changement d’étiquette sera téléchargeable gratuitement via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME à partir du 1ᵉʳ janvier 2027. Elle officialise la nouvelle classe sans refaire de diagnostic.