Coefficient 1,7 : le nouveau calcul de l’électricité

Ce que le facteur de conversion change exactement dans votre DPE, chiffres à l’appui

Équipe Portail DPE
10 septembre 2026
8 min de lecture
Le facteur de conversion est la pièce la plus technique du DPE, et pourtant celle qui décide du sort de centaines de milliers de logements. Au 1ᵉʳ janvier 2027 il passe de 1,9 à 1,7 pour l’électricité. Cet article explique ce que recouvre ce nombre, comment il intervient dans le calcul, et ce qu’il produit concrètement sur une étiquette — avec un exemple chiffré de bout en bout.

Rappel : énergie finale et énergie primaire

L’énergie finale est celle que vous consommez chez vous — celle que compte votre compteur et que facture votre fournisseur.

L’énergie primaire est la quantité d’énergie qu’il a fallu mobiliser en amont pour vous la livrer : production, transport, distribution, pertes comprises. C’est cette grandeur que le DPE utilise pour son étiquette, afin de comparer des énergies de natures différentes sur une même échelle.

Le passage de l’une à l’autre se fait par une simple multiplication :

Énergie primaire = Énergie finale × Facteur de conversion

Pour l’électricité, ce facteur a valu 2,3 jusqu’en 2025, vaut 1,9 depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, et vaudra 1,7 à partir du 1ᵉʳ janvier 2027. Pour la plupart des autres énergies — gaz, fioul, bois — il vaut 1 et ne bouge pas.

Sur l’origine historique du coefficient et son passage de 2,3 à 1,9, voir notre article dédié.

Exemple chiffré : un T3 tout électrique de 65 m²

Prenons un appartement de 65 m², chauffage électrique et ballon d’eau chaude électrique, dont le DPE relève les consommations annuelles suivantes en énergie finale :

  • Chauffage : 9 100 kWh
  • Eau chaude sanitaire : 2 300 kWh
  • Éclairage et auxiliaires : 600 kWh
  • Total : 12 000 kWh d’énergie finale

Le même logement, trois calculs

On applique successivement les trois coefficients au total, puis on ramène au mètre carré :

CoefficientÉnergie primairePar m²Étiquette
2,3 (ancien calcul)27 600 kWhep425 kWhep/m²/anF
1,9 (depuis 2026)22 800 kWhep351 kWhep/m²/anE
1,7 (à partir de 2027)20 400 kWhep314 kWhep/m²/anD

Le logement n’a pas changé. Sa facture non plus. Mais l’étiquette réglementaire passe de F à D en deux réformes, parce que la convention de conversion a été révisée deux fois.

Ce que dit ce tableau

Le gain entre 1,9 et 1,7 est d’environ 10,5 % sur les usages électriques. Ce pourcentage est constant : ce qui varie d’un logement à l’autre, c’est de savoir si cette baisse suffit à franchir un seuil de classe.

Seuil de classePlafond (kWhep/m²/an)
A70
B110
C180
D250
E330
F420
Gau-delà de 420

Le seuil compte plus que le gain

Deux logements peuvent gagner exactement 10,5 % et n’avoir aucun sort commun : celui qui était à 435 kWhep passe sous la barre des 420 et sort de F ; celui qui était à 700 reste en G.

Ce que le coefficient ne change pas

La portée du texte est étroite, et il est important de ne pas lui prêter d’effets qu’il n’a pas.

Les seuils de classe

Ils sont inchangés. A à 70 kWhep/m²/an, F à 420 : la réforme abaisse la valeur calculée, pas la grille.

L’étiquette climat

Le facteur de conversion en énergie primaire n’intervient pas dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre. Le contenu carbone de l’électricité relève d’un autre coefficient, distinct, non modifié par cet arrêté.

Les autres énergies

Gaz, fioul, bois, réseaux de chaleur : rien ne bouge. Un logement chauffé au gaz ne verra aucun effet, sauf sur la part électrique de son eau chaude ou de ses auxiliaires.

Vos consommations réelles

C’est le point que les propriétaires comprennent le plus tard. Le DPE devient meilleur ; le logement, lui, consomme exactement autant. Aucune économie de facture n’est à attendre de la réforme.

  • Les seuils de classe ne changent pas : seule la valeur calculée baisse
  • L’étiquette climat n’est pas concernée par ce coefficient
  • Le gain est d’environ 10,5 % sur les seuls usages électriques

Appliquer le calcul à votre logement

Reproduire ce calcul à la main suppose de disposer du détail des consommations par usage, et de savoir lesquelles sont électriques — une information qui figure dans les données du DPE mais pas toujours de façon lisible sur le document imprimé.

Le simulateur reprend ces données depuis la base publique de l’ADEME à partir de votre numéro de DPE, isole les usages électriques et applique les coefficients 1,9 et 1,7 pour vous donner les deux étiquettes. Voir aussi le guide complet de la réforme 2027.

Simulez votre étiquette DPE 2026 et 2027

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Gratuit et sans inscription

Le numéro de DPE se trouve sur votre diagnostic de performance énergétique, généralement en haut du document.

Questions fréquentes sur le coefficient

La valeur est fixée par l’arrêté du 19 août 2026, publié au Journal Officiel du 26 août 2026. Elle poursuit le mouvement engagé en 2026 avec le passage de 2,3 à 1,9, dans le sens d’une meilleure prise en compte du mix électrique français.